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CONVAINCU PAR LES SOURIS

 

« Car Dieu parle une fois, et deux fois – [et] l’on n’y prend pas garde – … Il lui fera grâce, et il dira : Délivre-le pour qu’il ne descende pas dans la fosse : j’ai trouvé une propitiation » (Job 33. 14 et 24).

Nous transcrivons ci-après le témoignage rendu publiquement autrefois par un chrétien, aujourd’hui disparu, d’un bourg du Jura bernois. Le fait qu’il rapporte avec beaucoup de simplicité s’est passé il y a plus de cent ans.

« Élevé dans un formalisme religieux, j’aimais cependant beaucoup les plaisirs du monde. Sitôt mes années scolaires terminées, je fus attiré chaque dimanche dans les salles de danse et les jeux de quilles ; toutefois je ne délaissais pas les pratiques que je jugeais indispensables au salut de mon âme. J’étais religieux, mais non chrétien convaincu.

A la fabrique d’horlogerie où je travaillais, sans être provocateur, je me moquais de ceux qui ne suivaient pas les mêmes pratiques religieuses que moi et les traitais d’hérétiques. Je ne tenais aucun compte de leurs exhortations ou de leur témoignage. Deux d’entre eux qui étaient convertis et qui travaillaient à mes côtés, cherchaient à me convaincre d’abandonner ma piété formaliste et d’étudier les Saintes Écritures. Mais je refusais nettement, me trouvant fort heureux de vivre comme je vivais. Ma religion ne me laissait-elle pas « jouir des délices du péché » ? Au sortir du confessionnal, je m’estimais absous de toutes les fautes commises pendant la semaine ; que chercher davantage ?

Un jour, un de mes camarades m’offrit un Nouveau Testament en me disant avec un bon sourire :
– Tenez, Auguste, je vous offre ce petit cadeau. Il pourrait vous être utile, car il indique le vrai chemin du ciel.
– Je me moque des livres des hérétiques, lui répondis-je brusquement ; mais donnez, donnez… Si votre Dieu est un Dieu réel, j’en aurai bientôt la preuve.
Une idée m’était en effet venue, et je souriais en saisissant le volume que je m’empressais d’enfouir au fond de mon tiroir, sous mon établi d’horloger.
Il faut vous dire que dans ce tiroir, qui contenait des outils et divers objets indispensables aux ouvriers, les souris faisaient des visites fréquentes et le pain que j’oubliais ou le plus humble morceau de papier étaient rongés systématiquement. Journaux, carnets, notes, rien ne résistait.
Aussi, me dis-je ironiquement : « Si ce livre est réellement de Dieu, il en prendra soin et les souris n’y mettront point la dent. Ce sera la preuve que je dois étudier ce volume. Mais on verra, on verra ».
Et je me remis à travailler avec ardeur en attendant le lendemain pour être fixé à ce sujet.
Le lendemain matin, mon premier mouvement fut d’entrouvrir mon tiroir. Le Nouveau Testament était intact.
– Bon, grommelai-je, attendons encore à demain. Pour une fois les souris m’ont faussé compagnie.
Mais le lendemain et les jours suivants je retrouvais le saint volume toujours intact, et j’en fus tellement impressionné que je me sentis lié par mon vœu téméraire, d’autant plus que par ailleurs mon tiroir révélait une réelle visite des souris… N’avais-je pas dit avec serment : Si les souris ne touchent pas à ce volume, c’est la preuve que Dieu en a pris soin et qu’il contient la vérité ?

Le soir, tout remué par cet incident, je me rendis à la réunion d’études bibliques qui avait lieu dans la localité, et comme pour Saul de Tarse des écailles tombèrent de mes yeux. Je compris la nullité de mes anciennes pratiques religieuses qui n’avaient que la forme de la piété sans la vie. Le Seigneur me montra Son amour immense pour moi pécheur. Je compris qu’aucun de mes efforts ne m’approcherait du Dieu saint et que seul le sang de Christ pouvait effacer mes transgressions. Que me restait-il à faire, sinon confesser à Dieu mes péchés et croire à l’efficacité du sang de Christ ? Lui, le Fils éternel, était venu du ciel sur la terre, il avait pris sur Lui mon péché et subi à ma place le courroux de Dieu. Il avait payé ma dette.

Depuis ce jour la paix que donne l’assurance du salut est ma part, et mon bonheur est d’annoncer Jésus à ceux qui gémissent encore sous le fardeau de la loi et du péché ».

Seigneur, tu courbas la tête :
Tu pris mon faix sur Toi ;
Et, pour acquitter ma dette,
Tu te livras pour moi.
Plus de crime
Qui m’opprime ;
Plus de fardeau pour moi !

De courroux la coupe emplie
A débordé pour Toi.
Tu la bus jusqu’à la lie ;
Elle est vide pour moi.
Ton calice,
Ton supplice,
Sont le salut pour moi.

D’après le Salut de Dieu 1968