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COMMENT JOHN BUNYAN FUT CONVERTI !

 

La parole de Dieu nous exhorte à n’avoir que de saintes conversations : « Qu’aucune parole inconvenante ne sorte de votre bouche, mais celle qui est bonne, propre à l’édification selon le besoin, afin qu’elle communique la grâce à ceux qui l’entendent » (Éph. 4. 29). Le récit suivant en est une touchante illustration.

Le nom de John Bunyan est généralement connu parmi les chrétiens. Cet homme de Dieu fut un instrument de bénédiction pour un grand nombre par son ouvrage : « Le Voyage du Chrétien ». Il le composa en prison, où il fut retenu fort longtemps pour le seul motif d’avoir cherché à faire connaître la vérité de l‘évangile à ses concitoyens.

C’est dans un chemin d’opposition à ce qui est juste devant Dieu que la merveilleuse grâce de Dieu vint le chercher.

Son métier de chaudronnier ambulant l’avait conduit un jour dans un village, où, après avoir recueilli de maison en maison divers ustensiles à réparer, il s’installa pour faire son travail près d’une habitation.

Son attention fut bientôt éveillée par les voix de femmes discutant entre elles dans une chambre au rez-de-chaussée. Les fenêtres étant ouvertes, il s’en approcha sans être aperçu et se mit à écouter. Les vérités de l’évangile étaient l’objet de la conversation de ces personnes ; elles parlaient plus particulièrement de la crucifixion du Seigneur Jésus, des souffrances qu’ll endura de la part de ses ennemis, et de celles auxquelles il plut à Dieu de le soumettre ; car ce n’était qu’en livrant son âme en sacrifice pour le péché, qu’Il devait s’attendre à en recueillir les fruits bénis en résurrection. Il devait en effet prolonger ses jours, et le plaisir de l’Éternel allait prospérer dans sa main. Bientôt il verra du fruit du travail de son âme et sera satisfait (Es. 53. 10 et 11).

Ces femmes s’entretenaient familièrement sur cet important sujet. Chacune faisait part à ses compagnes de ses propres expériences de la miséricorde de Dieu envers elle-même ; elles se racontaient aussi de quelle façon elles avaient été amenées à la connaissance de Jésus, leur Sauveur, chacune par un chemin différent de celui des autres.

Bunyan, qui n’avait rien perdu de cette conversation, fut saisi surtout de la paix sereine qui se dégageait comme un parfum de ces entretiens ; selon lui cette paix devait se trouver dans ces cœurs, unis par de tels sentiments de piété. Quelle nouveauté pour le chaudronnier ! ll se remit au travail, mais d’un cœur agité ; car, commençant par considérer sa vie précédente, il reconnut qu‘elle était fort éloignée de Dieu, et dépourvue de ce qui lui aurait permis de se réjouir avec ces humbles croyantes. Tout à coup il entend une harmonie de voix douces et pénétrantes : c‘étaient ces mêmes personnes qui, avant de se séparer, chantaient un cantique de louanges à leur Rédempteur. Le cœur de Bunyan se rompit, en quelque sorte, comme frappé par le caractère unique et les paroles touchantes de cet hymne, qu’il put nettement distinguer.

A dater de ce moment, il n‘eut plus de repos jusqu’à ce qu‘il l’ait trouvé aux pieds de Celui qui a dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Mat. 11. 28). Après de longues nuits sans sommeil, le Seigneur lui fit la grâce de confesser ses péchés et d’en recevoir le pardon.

Sa conversion fut si réelle, et son Sauveur lui devint si précieux, qu‘une vie de persécution et de captivité ne fit que le rendre plus inébranlable dans la foi en Christ.

Dans nos jours de tiédeur, de mondanité, combien difficilement quelqu‘un pourrait recevoir tant de bien en écoutant à la dérobée la conversation familière d’un certain nombre de personnes réunies dans une maison. Soit dans les campagnes, soit dans les villes, dans quelle classe que ce soit de la société, que de choses superficielles occupent les esprits et font l’objet des conversations plutôt que ce que le Rédempteur a fait et ce qu’Il a souffert afin de délivrer le pécheur du pouvoir de Satan, de la mort, du monde, du péché, de la juste colère de Dieu et de l’enfer.

Une des preuves que c’est Satan, le prince de ce monde, qui affaiblit et épouvante la généralité des soi-disant chrétiens, c’est qu’il les tient occupés de toute sorte de vanités, de divertissements, d’intérêts mondains.

Il n’y a rien d’étonnant si ces cœurs ne peuvent connaître cette joie pure et sereine qui accompagne la certitude d’être sauvé par l‘œuvre parfaite de Christ, et le fait d’être connu et aimé de Dieu comme étant son enfant, ainsi que de posséder un héritage incorruptible réservé dans les cieux pour tous ceux qui Lui obéissent.

Par quel moyen Satan tient-il sous sa puissance les fils de ce présent siècle mauvais ? N‘est-ce pas en leur faisant trouver dans ce monde ce qui satisfait leurs convoitises, les choses que recherche le cœur naturel ? Mais le monde passe et sa convoitise. Que reste-t-il alors au pécheur appelé à paraître devant Dieu dans ses péchés ? Absolument rien qui puisse le recommander auprès de son Juge.

De tout ce qu’il a aimé dans ce monde, il ne lui reste qu’une seule chose : le fardeau de ses péchés. Et ce fardeau-là qui pourra le supporter ?

Toutefois il y a un lieu sûr ou l’on peut déposer pour toujours cette terrible charge qui pèse impitoyablement sur le cœur, cachant la face du Dieu vivant. John Bunyan trouva ce lieu à la croix du Calvaire. C’est là précisément où le brigand repentant fut délivré, trouvant un Sauveur en Celui qui était crucifié à côté de lui. Puis il reçut de sa part l’assurance d’être ce jour-là dans le paradis en compagnie de son Seigneur. Comme ce malfaiteur, Bunyan aussi crut en Jésus et se réjouit de faire connaître à d’autres, comment, au pied de la croix, le fardeau du pécheur tombe.

La volonté de Satan est de retenir comme esclaves, tous ceux qui aiment le monde, ses plaisirs et ses vanités, et de les garder éloignés de Dieu et ennemis de la vérité. La volonté de Dieu, au contraire, est de les voir venir à Jésus afin qu’ils possèdent, par la foi en Lui, la rémission de leurs péchés et la vie éternelle. La paix avec Dieu et la joie à toujours en sa sainte présence sont dorénavant leur part.

Lecteur, à laquelle de ces deux volontés es-tu soumis ? Pensée solennelle ! Ton sort éternel dépend du choix que tu feras entre la vie et la mort, comme dit Moïse au peuple d’Israël (Deut. 30. 19). Pendant qu’il en est temps, prends-y garde !

D’après le Salut de Dieu 1912