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CHEZ LUI

Un jour ou l’autre, tout jeune croyant fréquentant les réunions doit pouvoir comprendre et justifier sa position. Dieu veut des adorateurs, certes, mais des adorateurs intelligents, sachant ce qu’ils font, où, quand et comment ils doivent le faire. Essayons de répondre ici à la question où ? Pourquoi rendons-nous culte ici et pas ailleurs ? Qu’est-ce qui fait la différence entre la réunion d’enfants de Dieu à laquelle nous nous rattachons et les autres lieux de culte ? Il est normal que chacun se pose ces questions et cherche à les résoudre.

Pour plusieurs d’entre nous peut-être, l’assemblée n’est qu’un groupement religieux plus près de la vérité que d’autres, une communauté de croyants partageant les mêmes vues bibliques, enseignées par un conducteur éminent… dont le nom servira au besoin à désigner les églises. Ce que nous pensons n’a pas de valeur ; l’important c’est ce que Dieu nous dit dans sa Parole. Or la Bible nous apprend qu’il existe aujourd’hui sur la terre un lieu que Dieu reconnaît comme sa maison (voir par ex. Éph. 2. 22 ; 1 Tim. 3. 15), donc un lieu où il peut être rencontré, où il habite par son Saint Esprit, et où, selon Matthieu 18. 20, le Seigneur Jésus a promis sa présence.

Si la condition est remplie : « deux ou trois assemblés en son Nom», c’est-à-dire si Christ est la raison d’être d’une telle réunion et que ses droits de Seigneur y sont reconnus, si l’on se réunit comme faisant partie de la maison de Dieu, nous pouvons compter sur sa promesse : « Je suis là au milieu d’eux ».

Sa présence est la part d’un disciple obéissant. Je ferai ma demeure chez lui, déclare le Seigneur (Jean 14. 23). Elle l’est aussi de disciples, soumis au Seigneur, obéissants à sa Parole. Mais est-il là comme notre invité ? Non, c’est nous qui sommes les siens. Il est là chez lui. Il y est présent, invisible, mais la foi sait voir l’invisible ; elle s’approprie la promesse. La présence du Seigneur est un fait, une réalité dont l’âme, par expérience, connaît la douceur.

Mais ce fait a deux grandes conséquences : la première, c’est que nous avons là, en Lui, tout ce qui suffit. Se pourrait-il que le Fils de Dieu, plénitude de la Déité, celui qui nous aime parfaitement, soit au milieu de nous, et qu’il nous manque quoi que ce soit ? « Avez-vous manqué de quelque chose ? » demandait le Seigneur aux onze au moment de les quitter. « Et ils dirent : de rien » (Luc 22. 35). Sa présence leur avait en effet assuré tout ce qui leur était nécessaire.

Nous devinons votre question. Vous allez nous demander comment se fait-il alors que tant de réunions soient marquées de sécheresse, de langueur, de routine ? A qui la faute ? Eh bien ! Il est évident que c’est de notre côté que quelque chose manque ! Et ce quelque chose, c’est justement la foi, la foi dans la pleine suffisance d’un Sauveur présent, puissant, et plein d’amour pour les siens. Un rassemblement de saints peut être à la fois tout petit (les deux ou trois prévus par le Seigneur) et parfaitement heureux, sans grands dons, mais nourri et béni, faible tout en rendant un témoignage puissant. A une condition : il faut que chaque frère, chaque sœur, croie que le Seigneur est là, et ne s’attende qu’à Lui. Ils réaliseront alors le ciel sur la terre, puisque le ciel c’est avant tout la présence du Seigneur Jésus.

La deuxième conséquence de la présence du Seigneur dans le rassemblement en son nom, c’est que nous n’avons pas le droit d’y faire ce que nous voulons. Prenons un exemple : j’ai une maison que j’arrange comme il me plaît, je décide ce que j’y fais, j’y reçois qui je veux. Mais si je me comportais chez vous avec la même liberté, vous appelleriez cela avec raison de la désinvolture et du sans-gêne. Reçu à votre foyer, je tiendrais compte de l’ordre, des horaires, des habitudes de la maison. Or la maison dans laquelle nous sommes invités n’est autre que celle de Dieu. Dieu le Fils y a promis sa présence et il est souverain sur sa maison. Dieu le Saint Esprit y habite et la gouverne pour la gloire du Père et celle du Fils. Organiser, présider, décider de son propre chef quoi que ce soit dans cette maison, relèverait d’une grave audace, d’une présomption peu ordinaire, d’un manque de respect total pour la personne présente. On pense à la faute de Nadab et d’Abihu présentant du feu étranger, à celle de David faisant porter l’arche sur un chariot neuf, à celle du roi Ozias, se substituant aux sacrificateurs… Chaque fois Dieu, veillant à sa gloire, est intervenu par un prompt jugement. L’assemblée étant la maison de Dieu, il s’ensuit que l’homme y est mis de côté ; ses bonnes intentions, ses initiatives, ses traditions n’y ont pas leur place ; nous n’y sommes admis qu’à titre d’invités, de visiteurs, et par conséquent notre devoir est de nous conduire dans cette Maison où Dieu demeure, d’une manière qui soit digne de Lui. Qui nous l’enseignera ?

La Parole de Dieu d’abord. Un passage cité plus haut rappelle à Timothée qu’elle est donnée, entre autres buts, « afin que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3. 15).

Nous pouvons nous attendre à trouver là toutes les grandes lignes, les directions utiles, et nous les y trouvons en effet, pourvu que nous mettions de côté nos propres pensées. La première Épître aux Corinthiens, par exemple, est remplie d’instructions précises quant à cette manière dont il faut se conduire dans les réunions.

Le Saint Esprit ensuite. Il est aujourd’hui dans l’Église comme il est dans le croyant individuellement. Occupé de la gloire du Seigneur Jésus, il dirige tout ce qui se fait dans les réunions, dans la mesure, là aussi, où nous lui laissons pratiquement cette direction.

Si vous étiez invités chez un grand de ce monde, vous n’oublieriez pas le rendez-vous, vous seriez exact, votre tenue serait convenable. En sa présence, vous seriez sérieux, respectueux, attentifs à ne rien perdre de ses paroles ; vous pèseriez les vôtres ; vous vous sentiriez « en communion » avec les autres conviés, honorés de la même manière. N’en serait-il pas ainsi à plus forte raison chaque fois que nous sommes invités dans la présence du Seigneur Jésus ?

D’après Feuille aux Jeunes n° 245
J. Kn