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CELLE QUE TU AS DESTINÉE

(Gen. 24. 14)

Lorsque j’étais en chemin, l’Éternel m’a conduit (Gen. 24. 27).

Abraham avançait en âge. Depuis le départ de sa mère, à laquelle il était très attaché, Isaac scrutait le vide au foyer. Mais comment le remplir, alors que toutes les peuplades qui l’entouraient étaient des Cananéens idolâtres ? Ceux de sa descendance s’uniraient plus tard aux filles de Moab, mais il n’en résulterait que misères. Pourtant la promesse de l’Éternel était formelle : la semence d’Abraham, à travers Isaac, posséderait un jour le pays. Donc Isaac ne pouvait manquer de se marier et d’avoir des enfants. La foi et la patience étaient longuement exercées.

Déjà avant la mort de Sara, des nouvelles étaient venues de la famille qu’Abraham avait laissée dans la haute Mésopotamie. Son frère avait eu des enfants, entre autres une petite fille, Rebecca. Mais les choses en étaient restées là.

Un jour enfin, Abraham se sent conduit à confier au serviteur le plus ancien de sa maison, la mission d’aller tout là-bas chercher une femme pour son fils. En aucun cas Isaac ne devait retourner dans ce lieu qu’Abraham avait quitté à l’injonction de l’Éternel. Il s’agirait donc pour la jeune fille d’imiter l’exemple de l’ancêtre et de quitter son pays et sa parenté.

Le serviteur refait à l’inverse le long trajet que le patriarche avait effectué tant d’années auparavant. Au temps du soir, il arrive à la ville de Nakhor, le frère d’Abraham ; comment découvrir celle que l’Éternel avait destinée à son maître Isaac ? Il ne connaît personne dans cette ville étrangère. Sa seule ressource est la prière : « Éternel, Dieu de mon seigneur Abraham, fais-moi faire, je te prie, une heureuse rencontre aujourd’hui ».

Quel sera le signe, le test, qui désignera l’élue ? Le serviteur est amené à choisir celui de la serviabilité. Le serviteur lui demande un peu d’eau, sans ajouter autre chose. La jeune fille s’empresse, non seulement auprès de l’étranger assoiffé, mais elle se dévoue jusqu’à abreuver tous ses chameaux. Que de courses il faut du puits à l’auge jusqu’à ce que les dix animaux soient satisfaits ! Elle se hâte, elle court, elle puise… « Et l’homme la regardait avec étonnement sans rien dire, pour savoir si l’Éternel aurait fait prospérer son voyage, ou non ».

Un autre critère était indispensable : «De qui es-tu fille ? » Si, malgré sa serviabilité, la jeune fille était d’un autre lignage que celui de la foi, elle n’aurait su convenir à Isaac. « Je suis fille de Bethuel, fils de Milca, qu’elle a enfanté à Nakhor ». Quand le serviteur entend la réponse, il s’incline et se prosterne : « Béni soit l’Éternel, le Dieu de mon seigneur Abraham, qui ne s’est pas départi de sa grâce et de sa vérité envers mon seigneur. Lorsque j’étais en chemin, l’Éternel m’a conduit ».

Entré dans la maison accueillante, il raconte la merveilleuse expérience. Il se présente, il parle de son maître, du fils auquel celui-ci a tout donné ; puis il rapporte sa prière et l’exaucement dont il a été le spectateur : « Le Dieu de mon seigneur Abraham… m’a conduit par le vrai chemin ». La foi a été éprouvée, la patience exercée, mais la réponse est venue.

«La chose procède de l’Éternel», s’écrient Laban et Bethuel. Ils ne sauraient retenir leur consentement, quand la direction du Seigneur est tellement évidente dans les circonstances qui ont amené le serviteur à demander la main de la jeune fille.

Encore faut-il l’accord de Rebecca. Dans son cœur retentit la même Voix qui avait autrefois dit à Abraham : « Sors de ton pays et de ta parenté, et viens au pays que je te montrerai» (Act. 7. 3). Que va-t-elle répondre à son tour ? Va-t-elle suivre le chemin de la foi pour s’unir au dépositaire des promesses, ou va-t-elle préférer demeurer au pays de sa naissance ? « Iras-tu avec cet homme ? Et elle dit : J’irai ».

La décision est prise. Jour après jour du long voyage qui va la conduire auprès de celui qui l’attend, le serviteur l’entretient des richesses et de la gloire de son maître. Enfin le moment arrive où de loin elle voit un homme qui s’approche : « Qui est cet homme qui marche dans les champs à notre rencontre ? Et le serviteur dit : C’est mon seigneur ».

«Destinée» à Isaac, elle est maintenant tout à lui. Pour lui elle se voile ; il l’emmène dans la tente ; « elle fut sa femme, et il l’aima ».

Heureux, heureuse, celui et celle qui aujourd’hui encore peuvent faire semblable expérience !

D’après Feuille aux jeunes n° 190