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Tite 2. 11 à 14 et 3. 3 à 7.

On a lu ce matin quelques versets du psaume 136. Chaque verset indique que la bonté de Dieu, de l’Éternel, demeure à toujours. C’est un Dieu bon, seul sage. Dans ce psaume 136, la bonté est célébrée prophétiquement telle qu’elle le sera sous le règne de Christ. Mais il est rappelé que cette bonté est quelque chose d’immuable. C’est l’attribut de Dieu Lui-même, l’une de Ses gloires, une partie de ce qu’Il est en Lui-même, c’est-à-dire amour.

Les choses créées le sont même en vertu de cette bonté, et celle-ci demeure même envers les hommes qui s’éloignent de Lui.

Dieu Se choisit un peuple, et tout au long de l’histoire troublée de ce peuple, la bonté de Dieu demeure, comme l’expose ce psaume 136, jusqu’au règne.

Mais il y a cette phrase remarquable : « Qui, dans notre bas état, s’est souvenu de nous, car sa bonté demeure à toujours » (v. 23). Il en est ainsi par rapport au peuple terrestre, et aussi par rapport aux chrétiens. Dieu S’appelle un Dieu fidèle. La bonté de Dieu qui s’élève jusqu’aux cieux s’est abaissée jusqu’à nous. « Mais, quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus … » (Tite 3. 4).
Cette bonté est « apparue ». Cette bonté qui demeure à toujours a pris connaissance directe du notre état, et alors a été accomplie l’œuvre de notre salut pour ces créatures qui ne pouvaient pas se sauver elles-mêmes.
La bonté de Dieu s’applique à la misère morale de l’homme (Tite 3. 4 et 5). La miséricorde, c’est la bonté de Dieu appliquée à un tel état. Mais il faut une nouvelle naissance, une régénération. Il faut une eau qui passe sur cette misère. C’est le lavage de la régénération, qui n’est possible que par la grâce.
Ailleurs, on a le lavage par la Parole, par l’Esprit, mais ici on a l’idée de quelque chose de complet qui nous rend purifiés. Cela est accompli par Jésus Christ. Justifiés dès maintenant, nous devons hériter de la vie éternelle. Il faut bien que cette bonté de Dieu soit autre chose que la bonté humaine qui, elle, pense toujours à elle-même.
La bonté de Dieu n’a pas d’autre motif que ce qui est divin, qui porte vers les besoins des autres. Cela n’est pas présenté comme un système, comme des dogmes. Ce n’est pas cela, la bonne nouvelle, l’évangile, mais Tite 2. 11. dit : « la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes ». L’amour et la bonté de Dieu sont apparus ici-bas dans une Personne. Le Nouveau Testament présente la grâce de Dieu, la grâce qui apporte le salut. Une Personne est venue, Celui qui était Lui-même la grâce. Les hommes auraient dû voir la bonté de Dieu dans Ses œuvres, dans Sa providence, dans ce qui les poussait à la repentance.
Et Jésus est venu ici-bas s’occuper des hommes, des pécheurs, dans une proximité immédiate, les appelant. L’ami des publicains et des pécheurs : c’est là où nous voyons la bonté de Dieu sous la forme de la grâce. C’est la merveille de l’évangile, que de présenter cette Personne de Jésus, l’amour de Dieu manifesté en Lui. Mais les hommes ont méprisé la bonté de Dieu qui les pousse à la repentance.
Maintenant cette bonté est sous une forme qui devra être évidente en Jésus, et pourtant combien de cœurs restent insensibles. On ne veut pas de Lui. Celui qui a été crucifié, c’est ainsi qu’Il est présenté : « la grâce de Dieu qui apporte le salut ». Le crime suprême de l’homme, la crucifixion, a donné ce salut, mais ce n’est pas tout.
L’évangile complet présente Christ comme Celui qui est venu, qui est mort, qui est ressuscité, qui est glorifié et qui revient bientôt. C’est la bienheureuse espérance des croyants. L’objet de notre bienheureuse espérance est Celui qui apparaîtra en gloire pour revendiquer les droits de Dieu et pour juger. Les croyants n’ont rien à craindre de ce deuxième acte de Sa venue.
Dans le passé, on a donc l’apparition de la grâce dans la Personne de Christ. La grâce continue à être présentée maintenant.
Dans l’avenir on a l’espérance bienheureuse, l’apparition de la gloire. Réjouissons-nous de ces choses !
La grâce s’adresse à des pécheurs qui n’ont pas d’autre moyen de se sauver. Il est solennel de mépriser ces choses.
Cette grâce va-t-elle cesser de s’occuper de nous quand nous avons répondu à ses appels et que nous avons cru et avons la vie éternelle ?
Non, elle nous accompagnera tout le long du chemin. Il faut bien faire notre compte qu’il n’y a pas de ressources en nous. Il faut en faire l’expérience, malheureusement.
La grâce nous enseigne. Quant au passé, quelle merveilleuse institutrice, mais il faut écouter et obéir ! Elle parle par la Parole. Elle dit que nous avons à renier « l’impiété et les convoitises mondaines », c’est-à-dire l’état avant que nous connaissions la grâce. « L’impiété » : c’est la conduite comme si Dieu n’existait pas.
On renie des choses qu’on a connues. J’y appartenais. Je le renie. « Les convoitises mondaines » : c’est ce qui remplit le monde, mais il y a celles de notre cœur. C’est l’iniquité, c’est la propre volonté, c’est encore la satisfaction de soi-même en opposition à la volonté de Dieu. « Reniant » ces choses, cela suppose que l’on a saisi la nouvelle vie dans laquelle nous sommes passés, le renouvellement de l’Esprit Saint selon Tite 3.
Ne retombons pas dans ces choses. Soyons vigilants pour tenir dans la mort ce qui tend à remonter des profondeurs de notre cœur. C’est là le côté passé : « reniant ».
La grâce nous enseigne quant au présent : « Que… nous vivions dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement ».
Nous ne sommes pas du monde, mais dans le monde. Le monde, c’est la scène de l’humanité, marquée par l’iniquité et l’ignorance de la volonté de Dieu. Nous sommes dans le présent siècle bien qu’en étant retirés moralement. Porter au milieu de ces choses-là la vie nouvelle, la vie de Jésus, les caractères sur lesquels Dieu peut mettre son approbation, la grâce, la parfaite justice, le renoncement, c’est ce qu’on a dans ces trois adverbes : « sobrement » quant à nous-mêmes, renonçant à la satisfaction de la chair, « justement » quant aux autres, justice pratique, s’occupant des autres comme il convient, « pieusement » à l’égard de Dieu, communion, dépendance, obéissance, confiance.
Et alors, « attendant la bienheureuse espérance », pourra être réalisé ce que Christ a voulu : purifier « pour lui-même un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres ». Nous sommes créés pour les bonnes œuvres préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles (Eph. 2. 10).
Mais il s’agit de garder dans le cœur que nous sommes des objets de grâce, et uniquement des objets de grâce.

D’après André Gibert