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APOCALYPSE 1. 17 à 2. 11

Les huit premiers versets de ce chapitre constituent une sorte d’introduction au livre de l’Apocalypse.
Les versets 9 à 16 donnent la vision que Jean a eue dans la journée dominicale alors qu’il était dans l’île de Patmos. Cette vision constitue « les choses que tu as vues », les chapitres 2 et 3 « les choses qui sont », alors que l’Église est sur la terre.
A partir du chapitre 4, l’Église est vue dans le ciel. Nous avons alors « les choses qui doivent arriver après celles-ci ».

Nous avons vu la signification du mot Apocalypse : révélation, manifestation glorieuse ou récit de ce qui va arriver.
« Bienheureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie et qui gardent les choses qui y sont écrites, car le temps est proche ! » (v. 3) : le temps est proche où l’Église va être enlevée, où les événements qui doivent avoir lieu après l’enlèvement de l’Église vont se dérouler. Comme il est important de garder les choses écrites dans ce livre de l’Apocalypse !

L’apôtre, avant de présenter les choses qu’il a vues et celles qui sont, adresse un message pour l’ensemble des sept assemblées : « Grâce et paix à vous, de la part de celui qui est, et qui était, et qui vient, et de la part des sept Esprits qui sont devant son trône, et de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, et le prince des rois de la terre ! ». En entendant un tel message, le cœur de l’église tressaille et c’est un cantique de louange qui jaillit de ses lèvres : « À celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang ; — et il nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père ; — à lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen ».

v. 7 : Jean nous présente la venue du Seigneur, non plus en grâce, mais Sa venue en jugement. Alors Il sera vu alors que sa première venue passera inaperçue.

A partir du v. 9 nous avons le récit de la vision que Jean a eue dans la journée dominicale. On voit là Jésus Christ comme un homme qui va exercer le jugement. Il est venu en grâce dans le monde, mais ce monde L’ayant rejeté, Il vient pour le jugement de ce monde.
Jean a vu le Fils de l’homme avec tous les attributs divins. Il L’a vu avec les sept lampes d’or, figures des différentes assemblées auxquelles un message va être adressé (ch. 2 et 3). Elles sont responsables de manifester un double caractère : éclairer pendant la nuit, faire briller la lumière de la vérité.
Les différents détails donnés ensuite (v. 13) sont tous en rapport avec le jugement. Nous nous sommes arrêtés au v. 16 sur l’épée avec laquelle il va exercer le jugement. Il se sert de son épée pour juger les assemblées : exemple Pergame (v. 12).
« son visage, comme le soleil quand il luit dans sa force » : c’est un symbole de l’autorité suprême qui lui appartient.
v. 17 : « Et, lorsque je le vis, je tombai à ses pieds comme mort » : c’est la réaction de Jean en présence d’une telle scène. Il avait contemplé son Sauveur dans l’humilité profonde sur cette terre. Maintenant il est véritablement saisi par la contemplation de Celui qui vient pour le jugement, d’abord des assemblées (ch. 2 et 3) et ensuite du monde.

v.17-18 : « et il mit sa droite sur moi » : la puissance du Seigneur le soutient dans un tel moment.
Et Il lui dit : « je suis le premier et le dernier », c’est-à-dire Dieu, Celui qui est avant toutes choses. Il est « le vivant » ; « et j’ai été mort » : la traduction exacte est : je suis devenu mort, « et voici, je suis vivant aux siècles des siècles ». Il est entré dans la mort, Il en est sorti victorieux.
La mort est en rapport avec le corps, le hadès en rapport avec l’âme. C’est la séparation de l’âme et du corps. C’est le Seigneur qui tient les clés de la mort et du hadès pour y faire entrer ou en faire sortir.

v. 19 : « Écris donc les choses que tu as vues, et les choses qui sont, et les choses qui doivent arriver après celles-ci » : ce sont les trois divisions de l’Apocalypse dont nous avons parlé. Jean reçoit l’ordre du Seigneur Lui-même d’écrire les choses qu’il a vues et celles qui vont lui être révélées.
Jean reçoit encore une explication relativement au mystère des sept étoiles.

Avant d’entrer dans le détail des chapitres 2 et 3, rappelons que les sept assemblées dont il est question étaient des assemblées qui existaient à ce moment-là et qui présentaient des caractères correspondant à ceux qui devaient être manifestés dans les différentes phases de l’histoire de l’église responsable sur la terre. C’est pourquoi des lettres ont été adressées à ces sept assemblées.
Il n’y a pas ici de lettre adressée à l’assemblée à Philippes, ou à Colosses, car elles ne présentaient pas des caractères correspondant à ce que le Seigneur voulait nous dire. Il ne s’agit pas dans ces sept épîtres de l’Église vue comme habitation de Dieu par l’Esprit ou comme corps de Christ, mais c’est l’Église vue comme responsable. C’est ce côté-là qui est mis en relief dans les chapitres 2 et 3.

Ces sept épîtres nous ont été conservées pour que nous puissions voir déjà à l’avance comment allait se dérouler cette histoire de l’Église jusqu’à la fin. Que nous soyons réveillés dans nos cœurs et dans nos consciences, pour que nous manifestions les caractères que le Seigneur veut voir en ceux qui constituent l’assemblée de Dieu sur la terre !
Il n’y a pas eu de période dans l’histoire de l’Église sur la terre sans combat à livrer. Nous n’avons pas à rester passifs, inertes, au milieu de l’état de choses qui nous environne. Nous sommes appelés à être des vainqueurs.

Chacune de ces épîtres est adressée à l’ange de l’assemblée qui est à … « Ange » ici ne signifie pas messager céleste comme dans d’autres passages de l’Écriture. Ici il désigne un ou plusieurs frères particulièrement responsables au sein de l’assemblée qui, devant Dieu, représentent l’assemblée et sont liés à la responsabilité de l’assemblée.
Tous les frères et sœurs qui font partie de l’assemblée ont chacun leur responsabilité particulière au sein de l’assemblée. Il y a des degrés de responsabilité, mais tous les frères et sœurs sont responsables, plus particulièrement les frères qui représentent « l’ange » de l’assemblée. Ils sont représentés par des étoiles appelées à diriger les regards vers le ciel et à éclairer pendant la nuit. Le Seigneur les tient dans Sa droite. Il leur donne le secours nécessaire pour qu’ils puissent faire face aux responsabilités qui leur incombent.
L’état d’une assemblée souffrira immanquablement de l’état moral de l’ange de l’assemblée. Si l’ange de l’assemblée manque à ses responsabilités, c’est tout le niveau de l’assemblée qui va en souffrir. Si les éléments responsables manquent à leurs responsabilités, il y a immanquablement un déclin. Dans l’Ancien Testament il y a le cas d’Élie qui a accompli un heureux service, mais qui a manqué à sa responsabilité à l’égard de ses enfants.

Au v. 20 nous voyons les conséquences d’un manque d’énergie : « j’ai contre toi, que tu laisses faire ». Est-ce que ce n’est pas un reproche que l’on pourrait adresser à l’ange de telle ou telle assemblée ? Il faut regarder au Seigneur pour avoir le secours afin de faire face à nos responsabilités.
L’assemblée est une lampe. Elle est appelée à faire briller la lumière divine au milieu de ce monde. Aujourd’hui la lampe a été ôtée de toutes les assemblées dont il est parlé dans ces deux chapitres. Ce sont des appels que nous ne devons pas prendre à la légère. Le Seigneur supporte, mais il arrive un temps où Sa patience a un terme et Il ôte la lampe. Combien nous avons à veiller, et en particulier l’ange de l’assemblée, quant aux responsabilités qui nous incombent !
Peut-être que nous nous arrêtons trop dans notre vie à la description du Cantique des cantiques : « Mon bien-aimé est blanc et vermeil… » (5. 10-16) – de quelqu’un qui parle aux affections de nos cœurs. La première des sept fois où l’apôtre Jean peut contempler le Seigneur, c’est sous cet aspect judiciaire du chapitre 1, pour toucher nos consciences. Il Le voit d’abord comme Fils de l’homme, ensuite comme Agneau, comme ange (deux fois), de nouveau comme Agneau, comme Fils de l’homme et la septième fois comme « la Parole de Dieu », avec sur Sa cuisse un nom écrit : « Rois des rois, et Seigneur des seigneurs » (19. 13, 16).
Nous préférons voir le Seigneur dans sa Personne désirable que comme ici en juge. Quand un accident, une maladie, en gouvernement, surviennent dans une assemblée, n’oublions pas ce que le Seigneur est dans ce premier chapitre de l’Apocalypse.
Ces chapitres sont là pour exercer nos consciences, pour nous montrer que le moment est venu de commencer le jugement par la maison de Dieu. C’est pour nous avertir et pour nous encourager dans le combat. Il y a des promesses faites au vainqueur.
Le nom que le Seigneur prend en s’adressant à chaque assemblée est en rapport avec l’état de cette assemblée, le combat est en rapport avec cet état et la promesse faite au vainqueur est la contrepartie de cet état.
Ces sept assemblées sont classées en deux groupes : les quatre premières et les trois dernières, les trois premières et les quatre dernières.
Les quatre premières vont depuis le commencement de l’histoire de l’église – pas les tout premiers jours, mais depuis les premiers signes du déclin – jusqu’à l’établissement du royaume du Seigneur. Les trois dernières ne partent pas du commencement mais montrent les conséquences des défaillances manifestées dans les trois premières.
Dans les trois premières assemblées où l’exhortation à écouter s’adresse à l’ensemble, la promesse est faite au vainqueur au milieu de cet ensemble. Dans les quatre dernières, l’exhortation à écouter n’est adressée qu’au résidu (reste des croyants fidèles) – l’ensemble a tellement failli ! – et la promesse est faite au vainqueur. Ce n’est que le résidu qui est capable d’écouter ce que l’Esprit dit aux assemblées.
Dans ces différentes épîtres, l’Esprit de Dieu ne nous donne pas d’indication sur la manière dont l’assemblée a été constituée. Ce n’est pas le sujet. C’est la responsabilité de l’assemblée qui est vue ici. Nous y voyons ce qui nous a été confié et ce que nous avons fait de ce qui nous a été confié. Dieu juge d’après cela. Par exemple pour Sardes, Dieu juge ce qui est survenu après le déclin. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas l’histoire des premiers jours de l’Église sur la terre. L’histoire commence quand le cœur a fait défaut à Éphèse. C’est à l’ange de l’assemblée qu’il est écrit : « J’ai contre toi ».
Le nom que prend le Seigneur pour s’adresser à l’ange de l’assemblée dans les trois premières églises est déjà dans le chapitre 1, et pour les quatre dernières, c’est un nouveau nom, mais il est chaque fois en rapport avec l’état de l’assemblée.

v. 1 : « Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa droite, qui marche au milieu des sept lampes d’or » : c’est un nom qui présente un caractère très général, tandis que dans l’épître à Smyrne c’est un cas tout à fait spécial.
Éphèse signifie agréable, désirable. C’est là ce que le Seigneur voudrait trouver dans Son assemblée. Elle aurait dû demeurer telle pour Son propre cœur.
Le message qui lui est annoncé commence ainsi : « Je connais tes œuvres, et ton travail, et ta patience, et que tu ne peux supporter les méchants ». Le Seigneur connaît toutes choses. Il est au fait de l’état de toutes ces assemblées. Nous n’avons pas à être occupés de nous-mêmes. Le Seigneur nous connaît. Il sait comment nous nous comportons. Il commence par relever le bien qu’il y a à Éphèse, comme nous le trouvons dans les épîtres de Paul. On a souvent comparé ce verset à 1 Thess. 1. 3.
Il semble qu’à Éphèse il y avait des œuvres, du travail, de la patience, mais qui ne venaient pas de la source qui aurait dû les produire. Il y avait une activité extérieure mais qui ne venait pas de la bonne source. Prenons garde !
« tu ne peux supporter les méchants » : c’était un état meilleur que celui de l’assemblée de Corinthe. A Éphèse le méchant n’était pas supporté.
« et tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas, et tu les as trouvés menteurs » : à Corinthe les frères ne discernaient pas le caractère des mauvais ouvriers qui venaient travailler parmi eux : « Car de tels hommes sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, se transformant en apôtres de Christ ; et ce n’est pas étonnant, car Satan lui-même se transforme en ange de lumière : ce n’est donc pas chose étrange si ses ministres aussi se transforment en ministres de justice, desquels la fin sera selon leurs œuvres » (2 Cor. 11. 13-15).
Déjà aux jours de l’apôtre Paul, il y avait de faux apôtres, il y avait de faux docteurs. L’apôtre Paul en parle dans le chapitre 20 des Actes. A la fin du premier siècle, quand Pierre et Paul ont disparu, l’ennemi a essayé de susciter des éléments qu’il présentait comme apôtres. L’ange de l’assemblée à Éphèse avait eu assez de discernement pour voir qu’il s’agissait là de faux apôtres.
Le Seigneur connaît exactement les circonstances de chaque assemblée et Il connaît exactement ceux qui constituent l’assemblée de telle ou telle localité. Même s’ils ne sont pas réunis tous dans un même endroit dans la localité, le Seigneur s’adresse à eux tous.
Lorsque nous rompons le pain à la table du Seigneur, nous le faisons avec tous les saints réunis avec nous sur le principe de l’unité du corps. Mais nous voyons aussi, dans le seul pain qui est sur la table, tous les vrais croyants avec qui nous ne sommes pas en communion à la table du Seigneur.

v. 3 : Combien cela était précieux pour le Seigneur de voir la patience de ces croyants ! Le Seigneur apprécie tout ce qui est souffert pour Lui. « Tu ne t’es pas lassé ». La persévérance est une vertu remarquable. « Ne nous lassons pas en faisant le bien » (Gal. 6. 9).

v. 4 : « mais j’ai contre toi – contre l’ange de l’assemblée qui est à Éphèse – que tu as abandonné ton premier amour », ce premier amour dont nous parlent Actes 2. 44-47 et Actes 4. 32-37. Le mal vient toujours du dedans. Quand les affections du cœur faiblissent, on est sur le chemin qui conduit à la ruine. Quand nous voyons les premiers signes du déclin dans le livre des Actes – le mal a été manifesté au chapitre 5 – qu’est-ce que Pierre est amené à dire ? « Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur ? » Satan avait rempli le cœur d’Ananias. Et au v. 4 : « Comment t’es-tu proposé cette action dans ton cœur ? » C’est donc le cœur qui est le point de départ. « Garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie » (Prov. 4. 23).
Salomon, au moment où il montait sur le trône, a entendu cette parole de la part de Dieu : « Demande ce que tu veux que je te donne » (1 Rois 3. 5). C’était un jeune homme. Il peut être cité en exemple. Il a demandé un cœur qui écoute. Et le Seigneur le lui a donné, et en plus ce qu’il n’avait pas demandé. Après cela Salomon a écrit l’Ecclésiaste où il montre la vanité des richesses, les Proverbes où il nous parle du cœur et peut dire : « Mon fils, donne-moi ton cœur » (23. 26).
C’est véritablement ce que le Seigneur demande de chacun de nous. Il ne suffit pas de le savoir. Salomon a écrit aussi le Cantique des cantiques, dans lequel il nous parle de l’état du cœur, des défaillances, comment le Bien-aimé s’y prend pour ranimer nos affections. Quand le Seigneur veut réveiller une assemblée, Il parle au cœur. C’est au cœur qu’Il s’adresse, que ce soit pour Israël ou pour l’assemblée. Citons des passages en rapport avec Israël : « Je me souviens de toi, de la grâce de ta jeunesse, de l’amour de tes fiançailles » (Jér. 2. 2), « je l’attirerai, et je la mènerai au désert, et je lui parlerai au cœur » (Osée 2. 14). Voilà le travail de cœur relatif à Israël.
Pour l’histoire de l’assemblée, c’est la même chose. Ce premier amour, comment pouvons-nous le retrouver présentement ? On ne le peut plus en assemblée, mais individuellement. C’est Éphésiens 3. 16 qui nous le montre : « afin que, selon les richesses de sa gloire, il vous donne d’être fortifiés en puissance par son Esprit, quant à l’homme intérieur ». Voilà le travail opéré dans le cœur par la puissance du Saint Esprit. Si le Christ habite par la foi dans nos cœurs, l’état de notre cœur est bon.

D’après Paul Fuzier (1975)