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1 Rois 17

 

« Et Élie, le Thishbite, d’entre les habitants de Galaad, dit à Achab : L’Éternel, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens, est vivant, qu’il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, sinon à ma parole. Et la parole de l’Éternel vint à lui, disant : Va-t’en d’ici, et tourne-toi vers l’orient, et cache-toi au torrent du Kerith, qui est vers le Jourdain. Et il arrivera que tu boiras du torrent, et j’ai commandé aux corbeaux de te nourrir là. Et il s’en alla et fit selon la parole de l’Éternel, il s’en alla et habita au torrent du Kerith, qui est vers le Jourdain. Et les corbeaux lui apportaient du pain et de la chair le matin, et du pain et de la chair le soir, et il buvait du torrent. Et il arriva, au bout de quelque temps, que le torrent sécha, car il n’y avait pas de pluie dans le pays. Et la parole de l’Éternel vint à lui, disant : Lève-toi, va-t’en à Sarepta, qui appartient à Sidon, et tu habiteras là ; voici, j’ai commandé là à une femme veuve de te nourrir. Et il se leva et s’en alla à Sarepta ; et il vint à l’entrée de la ville ; et voici, il y avait là une femme veuve qui ramassait du bois ; et il lui cria et dit : Prends-moi, je te prie, un peu d’eau dans un vase, afin que je boive. Et elle s’en alla pour en prendre. Et il lui cria et dit : Prends-moi dans ta main, je te prie, un morceau de pain. Et elle dit : L’Éternel ton Dieu est vivant, que je n’ai pas un morceau de pain cuit, rien qu’une poignée de farine dans un pot, et un peu d’huile dans une cruche ; et voici, je ramasse deux bûchettes, afin que j’entre, et que je prépare cela pour moi et pour mon fils ; puis nous le mangerons et nous mourrons. Et Élie lui dit : Ne crains point ; va, fais selon ta parole ; seulement fais-moi premièrement de cela un petit gâteau, et apporte-le-moi ; et, après, tu en feras pour toi et pour ton fils ; car ainsi dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Le pot de farine ne s’épuisera pas, et la cruche d’huile ne manquera pas, jusqu’au jour où l’Éternel donnera de la pluie sur la face de la terre. Et elle s’en alla, et fit selon la parole d’Élie. Et elle mangea, elle, et lui, et sa maison, toute une année. Le pot de farine ne s’épuisa pas et la cruche d’huile ne manqua pas, selon la parole de l’Éternel, qu’il avait dite par Élie » (v. 1 à 16).

On peut aussi lire dans l’évangile de Luc. C’est le Seigneur Jésus qui parle. « En vérité, je vous dis qu’aucun prophète n’est reçu dans son pays. Et, en vérité, je vous dis qu’il y avait plusieurs veuves en Israël, aux jours d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois, de sorte qu’il y eut une grande famine par tout le pays ; et Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, sinon à Sarepta de la Sidonie vers une femme veuve » (4. 24 à 26).

Ces passages, il me semble, nous encouragent, quel que soit le temps dans lequel nous sommes parvenus. Comme nous l’avons compris c’est le moment où il y a un homme particulièrement méchant et corrompu qui règne sur ce pays. Il est dit : « Achab, fils d’Omri, fit ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, plus que tous ceux qui avaient été avant lui » (1 Rois 16. 30). De sorte que nous voyons dans l’Écriture qu’Israël tout entier est dans une très mauvaise posture, il se détourne de plus en plus de son Dieu sous la férule d’Achab qui est un très mauvais exemple pour eux. Le roi à ce moment-là avait une influence ou très bonne ou très fâcheuse sur tout le peuple qui était le peuple de Dieu. Dieu a préparé, dans sa grâce fidèle, comme nous le verrions à plusieurs reprises dans ces périodes si douloureuses du livre des Rois, quelqu’un qui va venir de sa part pour secourir ce peuple dans la misère, dans une situation désespérée. C’est une période en effet où la sacrificature et la royauté sont complètement dans le désordre, mais Dieu dans son amour leur envoyait encore des prophètes. Ici nous avons ce prophète tout à fait extraordinaire, remarquable, qui est venu de la part de Dieu, Élie, le Thishbite. Il est simplement dit qu’il faisait partie des habitants de Galaad. Nous nous souvenons certainement que Galaad appartenait aux deux tribus et demie. Elles sont restés de l’autre côté du Jourdain alors qu’elles auraient dû entrer dans le pays. Ici Dieu se sert de quelqu’un en communion étroite avec lui. Il vient devant Achab, ce qui était, une démarche très dangereuse en soi quand on connaît la méchanceté d’Achab et surtout de sa femme Jésabel qui le poussait à mal faire. Et puis il leur dit la vérité, il dit qu’il vient de la part de « l’Éternel, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens ». Il leur annonce, si on peut dire, un terrible jugement qui n’avait rien de commun. « L’Éternel, le Dieu d’Israël devant qui je me tiens » : il pouvait parler ainsi, parce qu’il était un homme de Dieu, il avait une vie de sainteté et de séparation du mal, une vie aussi d’obéissance et de dépendance. On voit cela d’une façon touchante dans la vie de cet homme. On peut dire qu’il est vraiment un envoyé de la part de Dieu. « L’Éternel devant qui je me tiens » : voilà une expression extrêmement précieuse. Nous pourrions demander au Seigneur qu’il nous aide à rester dans ces dispositions-là : se tenir devant Lui, chercher sa volonté pour la faire. Alors ici Élie annonce « qu’il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, sinon à ma parole ». Comme on l’a lu tout à l’heure, ça été trois ans et demi, quelque chose, on peut dire, de presque insupportable. On pourrait s’étonner de la fermeté d’Élie. Il faut qu’il soit, comme on a rappelé, un envoyé de l’Éternel et qu’il ait Sa force en lui. Quand même la Parole de Dieu nous aide à comprendre et je crois que nous pouvons lire ce passage. Pourquoi est-ce qu’Élie est si courageux ? Pourquoi ne craint-il pas de rendre témoignage devant cet homme ? On trouve cela dans l’épître de Jacques, au chapitre 5. Déjà au v. 16 il est dit : « la fervente supplication du juste peut beaucoup ». C’est ce que la Parole de Dieu vient nous dire et qui doit nous encourager beaucoup à la prière. « Élie était un homme ayant les mêmes passions que nous » (v. 17), dans un sens on dirait « un homme ordinaire », il avait des points sur lesquels il avait beaucoup besoin de lutter, il était aidé du Seigneur. Mais voilà il avait aussi une ressource merveilleuse, chers amis. C’est aussi la nôtre et on peut se demander sérieusement devant le Seigneur si nous en usons assez : c’est la prière. Paul dit : « Priez sans cesse » (1 Thess. 5. 17). On peut dire qu’ici nous avons la clé de ce qui a caractérisé la vie d’Élie. C’est qu’il a prié avec instance « qu’il ne plût pas, et il ne tomba pas de pluie sur la terre durant trois ans et six mois ». Cet homme avait du discernement et l’intelligence de la pensée de Dieu. Le moment est ensuite venu où « il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie, et la terre produisit son fruit » (v. 18). Donc il y a eu, un service de prière permanent. Combien nous pourrions demander au Seigneur qu’il accorde à chacun de nous qui connaissons le Seigneur et qui avons cette ressource constante à notre disposition, de prier sans nous lasser. Nous avons évidemment l’exemple suprême avec le Seigneur Jésus lui-même quand il était sur la terre. Bien sûr il avait une dépendance et une proximité de Dieu qui dépassent celles de tout homme sur la terre, mais nous sommes appelés à marcher sur ses traces. Nous voyons combien de fois le Seigneur savait se mettre à l’écart pour prier. En particulier on se souvient de la fois où il a prié toute une nuit avant de choisir ses disciples.

Revenons au livre des Rois. Nous voyons que sitôt qu’Élie a eu délivré son message, il en a reçu un autre de la part de Dieu. « La parole de l’Éternel vint à lui, disant : Va-t’en d’ici, et tourne-toi vers l’orient, et cache-toi au torrent du Kerith, qui est vers le Jourdain » (versets 2 et 3). Une chose qui frappe beaucoup chez ce serviteur, c’est qu’il est très dépendant et obéissant. Voilà qu’il reçoit un commandement précis de la part de Dieu qui lui dit : « Va, cache-toi ». Il est intéressant de comparer avec le chapitre 18 où, là aussi « la parole de l’Éternel vint à Élie, la troisième année, disant : Va, montre-toi à Achab, et je donnerai de la pluie sur la face de la terre ». Va, cache-toi ; va, montre-toi. Là aussi je crois que le Seigneur voudrait nous donner de comprendre que Dieu n’a pas la même manière de compter que nous certainement, mais ce qui est important c’est qu’avec son secours nous nous trouvions là où il veut et au moment où il le veut. Là c’était un temps pour se cacher, non pas pour être inactif et perdre de vue le service de la prière. Mais il fallait quand même se cacher, se cacher au torrent du Kerith. Dieu annonce à son serviteur comment il va prendre soin de lui puisqu’il lui dit : tu boiras du torrent et il annonce qu’il a commandé aux corbeaux de le nourrir là. Immédiatement Élie obéit. Il s’en est allé, il a habité au torrent du Kerith qui allait au Jourdain, selon la pensée de Dieu. Nous avons cette surprise, dans un sens, si du moins nous avons quelque idée concernant les corbeaux, c’est que ce sont des oiseaux connus pour leur voracité, pour leur inconstance et aussi le fait qu’ils ont un comportement très irrégulier. Dans Job au chapitre 39. 3 il est dit que Dieu prépare la nourriture pour les petits du corbeau. Ce sont des oiseaux qui ne sont pas habituellement d’un commerce bien agréable. Mais ici nous voyons un exemple merveilleux de ce que Dieu fait. Toutes choses le servent dans ce monde, ne l’oublions pas (Ps. 119. 91). Et ici il commande à ces corbeaux qui vont s’occuper d’une manière extrêmement régulière du prophète, qui viendront le matin et qui viendront le soir, qui lui apporteront de la chair et du pain. Ensuite il a l’eau du torrent, du moins au début de cette période parce que nous devons retenir qu’il était entré dans une période où il n’y aurait ni pluie ni rosée, de sorte que ces choses les plus nécessaires à la vie, étaient sujettes à disparaître. Nous voyons aussi la communion qu’à Élie avec son Dieu, il lui fait entièrement confiance. Il peut y avoir dans notre vie une période où les choses, on pourrait dire, les plus évidentes, semblent manquer définitivement. Mais notre Dieu a des ressources vraiment bénies et qu’il tient à la disposition des siens. Au fond il nous faut plus réaliser que jamais ce qu’on chante dans un beau cantique : « Ah ! sans la marche de la foi, ma vie est languissante ». C’est évidemment une chose capitale. Nous voyons ici qu’Élie a une confiance entière en Dieu et Celui-ci se sert de moyens plus qu’inattendus avec ces corbeaux qui font leur service. Voilà que Dieu permet qu’au bout de quelque temps le torrent sèche. Il n’y avait pas de pluie dans le pays. C’est quelque chose de très sérieux, un moment très solennel pour chacun. Chers amis, nous aussi nous pouvons avoir dans nos vies des torrents, de puissants torrents, comme était ce torrent de Kerith et Dieu permet que ces torrents – par lesquels nous avons reçu de la part de Dieu beaucoup de bénédiction, peut-être cela vient de notre famille, de l’assemblée, ou même de notre travail – Dieu peut permettre que ces torrents sèchent. Il nous faut comprendre que c’est le chemin que Dieu a choisi pour nous. Le chemin qu’Il nous fait suivre, c’est toujours le meilleur. Peut-être que nous n’en sommes pas du tout conscients sur le moment. Dans la présence de Dieu nous le comprendrons vraiment : le Seigneur l’a choisi pour notre bénédiction. La terre est le lieu où les pourquoi se posent ; au ciel, nous recevrons les réponses. Dieu le montrera certainement à chacun, et ce sera pour lui un sujet de louange ; il devrait en être déjà ainsi maintenant. Dans le ciel nous verrons que toutes choses travaillaient ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu. Il y a ces torrents où nous avons trouvé de l’eau fraîche pendant un certain temps. Nous trouvons dans Jérémie que ces eaux fraîches viennent de loin (18. 14), du ciel directement. Dieu se sert de différentes choses pour bénir notre âme, si nous nous tenons près de lui. Dieu change sa façon de faire mais s’il le fait, c’est pour notre bien.

La parole de Dieu, à nouveau, vient vers Élie et il lui donne un commandement assez surprenant. Nous avons lu dans l’évangile de Luc (ch. 4) qu’il y avait plusieurs veuves en Israël à ce moment-là. Le Seigneur Jésus dit que ce n’est pas vers elles qu’Élie est envoyé. Humainement, et même au point de vue religieux, c’est surprenant. Il choisit cette veuve qui est en Sidonie, un pays très idolâtre. Il fallait s’y rendre, c’était un long voyage. Elle habitait à Sarepta. On voit par la Parole qu’elle n’avait plus rien. Elle décrit elle-même sa situation. Elle est venu ramasser quelques brindilles de bois comme font les pauvres et voulait s’en servir pour faire un dernier repas avec son fils et puis, elle le dit : « nous mourrons ». Le prophète entre en contact avec elle. Dieu a déjà travaillé dans son cœur, elle n’en pas du tout conscience. Dieu dit à son serviteur : « j’ai commandé ». Il avait commandé aux corbeaux, et à présent « commandé là à une femme veuve de te nourrir ». Il faut faire entièrement confiance au Seigneur. Combien souvent – à notre honte – nous avons des doutes dans nos cœurs, nous manquons de certitudes, nous oublions que nous avons à faire au Souverain, qui est omnipotent, omniscient, omniprésent, parfaitement le Maître sur toutes choses. C’est notre Dieu. Quel bonheur ! Cette femme veuve dit à Élie : « l’Éternel ton Dieu est vivant, que je n’ai pas un morceau de pain cuit, rien qu’une poignée de farine dans un pot, et un peu d’huile dans une cruche » (verset 12). Il semblait qu’il n’y avait plus d’espoir. Mais Dieu fait toujours des merveilles. Combien de fois certainement nous en avons déjà fait l’expérience dans des circonstances extrêmement difficiles. Le Seigneur était là ; si nous savions nous appuyer sur lui, nous n’aurions absolument rien à craindre. Ce n’est pas toujours notre cas, chers amis, pourtant nous en avons grandement besoin. Crions à Lui, prions avec instance, demandons-Lui d’intervenir et Il le fera.
Le prophète se tient à l’entrée de la ville, il dit à cette femme : « Prends-moi, je te prie, un peu d’eau dans un vase, afin que je boive ». C’est une chose tout à fait normale à laquelle elle est encore disposée. Et au moment où elle s’en va, il crie encore : « Prends-moi dans ta main, je te prie, un morceau de pain ». Cette si simple requête suffit pour amener cette femme à ouvrir réellement son cœur, ce que nous faisons difficilement, chers amis. Il y a quelqu’un qui est toujours prêt à nous écouter et nous n’avons pas besoin de faire toujours les choses à voix haute, bien au contraire.
Nous pouvons toujours aller dans notre chambre, fermer la porte et là nous pourrons parler au Seigneur, sans crainte, Il nous reçoit dans son amour. Il est précieux de savoir qu’Il ne change pas ! Nous pouvons avoir bien sûr des peines, des torrents qui sèchent, mais Lui désaltère toujours.
La veuve dit : voilà, je n’ai plus rien, pas même un morceau de pain cuit, je n’ai qu’un peu de farine et un reste d’huile. Ce récit nous rappelle d’autres circonstances similaires : on n’a pas toujours une appréciation juste, bien loin de là ; ce que nous avons n’est rien à nos yeux. Mais Dieu peut faire beaucoup avec peu et il le fait ici avec le peu de farine dans un pot et un reste d’huile. Ce qui semblait sans attrait ni importance, Dieu va s’en servir. Tout se passe au moment où le pays d’Israël connaît une grande famine, Achab va chercher à manger pour ses chevaux au lieu de s’occuper de ses frères juifs etc. Il y a des choses qui sont racontées dans les chapitres suivants, mais nous voyons ici une chose extraordinaire. On est dans un pays idolâtre, nous avons à faire à une veuve qui, au départ en tout cas, ne connaissait certainement pas Dieu, mais Il va se révéler à elle et mettre de la foi dans son cœur. Élie lui dit : « ne crains point » (verset 13) ce qui paraît être une parole extraordinaire au moment où elle dit : Nous allons manger un peu pour la dernière fois et mourir.

Chers amis, nous connaissons sans doute pour la plupart très bien ces mots qui se trouvent un peu partout dans toute l’Écriture, une parole pour chaque jour : C’est une assurance, nous nous appuyons sur Lui. En dehors de Lui, tout est incertain. Un verset, dans le psaume 11, dit : « Si les fondements sont détruits, que fera le juste ? » (verset 3). Peut-être que nous éprouvons, à juste titre, que les « fondements » sur cette pauvre terre sont complètement ébranlés. Le Seigneur vient dire à chacun, comme Élie le disait à la veuve « Ne crains point » ; va, fais selon ta parole ; seulement – c’était le point important – fais-moi premièrement de cela un petit gâteau ».

Il demande qu’elle lui fasse un petit gâteau. Il semble impensable de demander de retirer le peu de nourriture qu’elle a de la bouche de son enfant. Cependant, il faut que sa « disponibilité » à obéir soit manifestée autour d’elle ; qu’il soit clair qu’elle est prête à répondre à Dieu et à son prophète à ce qu’il lui demandait de lui donner premièrement. Élie lui dit : « fais-moi premièrement de cela un petit gâteau, et apporte-le-moi ; et, après, tu en feras pour toi et pour ton fils ». Et il lui dit : « car ainsi dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Le pot de farine ne s’épuisera pas, et la cruche d’huile ne manquera pas, jusqu’au jour où l’Éternel donnera de la pluie sur la face de la terre ». Sa foi encore faible, s’en s’empare : elle l’accepte. Demandons au Seigneur de mettre dans nos cœurs des dispositions similaires à celles de cette veuve.
Il y a un verset dans Hébreux 11 qui est extrêmement important : « sans la foi il est impossible de lui plaire » (verset 6). Souvenons-nous que le Seigneur nous appelle à marcher par la foi – non pas par la vue – C’est pourtant ainsi que de pauvres incrédules marchent sur cette terre. On comprend qu’ils soient souvent désespérés.
Cette veuve et sa maison ainsi que le prophète mangent toute une année. Ce que Dieu a promis, s’accomplit. Chers amis, il faut serrer dans nos cœurs ce beau verset 16 : « Le pot de farine ne s’épuisa pas et la cruche d’huile ne manqua pas, selon la parole de l’Éternel, qu’il avait dite par Élie ». Dans sa Parole qui est entre nos mains, il y a des promesses. Les nôtres sont « les très grandes et précieuses promesses » comme elles sont appelées dans la 2ème épître de Pierre (1. 4). Elles sont à notre disposition : il faut que notre foi s’en empare. Sachons bien que le Seigneur voudrait nous bénir, comme il le fait ici. Mais ce qui peut le retenir c’est la présence de doutes dans notre cœur. Nous n’avons pas toujours pleinement confiance dans le Seigneur. Je le dis en pensant à cet homme qui demandait au Seigneur Jésus de s’occuper de son fils. Le Seigneur lui demande : « Crois-tu que je puis faire cela ? » L’homme répond : « Je crois, viens en aide à mon incrédulité » (Marc 9. 24). Peut-être avons-nous besoin de parler ainsi ce soir au Seigneur : Tu vois, Seigneur, il y a tant de choses dans ma vie à ma honte, je me suis souvent laissé aller à avoir le même comportement que les hommes de ce monde. C’est un grand danger. Il y a des façons de vivre en s’appuyant sur des choses qui se voient mais aussi sur des personnes importantes. Au fond on ne se confie pas en Dieu. Cela devrait-il être notre cas ? Certainement pas. Je pense que ce que nous lisons ici est très pratique, très utile et que le Seigneur nous le rappelle. C’est ce que nous lui demandons.

On peut peut-être prolonger encore un peu la lecture avec le dernier paragraphe dans le chapitre 17 de 1 Rois. « Et il arriva, après ces choses, que le fils de la femme, maîtresse de la maison, tomba malade ; et sa maladie devint très forte, de sorte qu’il ne resta plus de souffle en lui. Et elle dit à Élie : Qu’y a-t-il entre moi et toi, homme de Dieu ? Es-tu venu chez moi pour mettre en mémoire mon iniquité et faire mourir mon fils ? Et il lui dit : Donne-moi ton fils. Et il le prit de son sein, et le monta dans la chambre haute où il habitait, et le coucha sur son lit. Et il cria à l’Éternel, et dit : O Éternel, mon Dieu ! as-tu aussi fait venir du mal sur la veuve chez laquelle je séjourne, en faisant mourir son fils ? Et il s’étendit sur l’enfant, trois fois, et il cria à l’Éternel, et dit : Éternel, mon Dieu ! fais revenir, je te prie, l’âme de cet enfant au-dedans de lui. Et l’Éternel écouta la voix d’Élie, et fit revenir l’âme de l’enfant au-dedans de lui, et il vécut. Et Élie prit l’enfant, et le descendit de la chambre haute dans la maison, et le donna à sa mère. Et Élie dit : Vois, ton fils vit. Et la femme dit à Élie : Maintenant, à cela je connais que tu es un homme de Dieu, et que la parole de l’Éternel dans ta bouche est la vérité » (v. 17 à 24).

Toutes ces choses furent pour Élie une expérience de vie très particulière. Tout d’abord il est sous la menace d’Achab et Dieu prend soin de lui en lui disant de se cacher et en lui assurant aussi qu’il veillera sur lui. Il lui dit : « cache-toi au torrent du Kerith, qui est vers le Jourdain. Et il arrivera que tu boiras du torrent, et j’ai commandé aux corbeaux de te nourrir là ». Élie saisit la parole de Dieu, il comprend que Dieu l’envoie au torrent du Kerith. Ensuite le torrent sèche. Élie est envoyé à Sarepta vers la femme veuve et là c’est quelque chose de très différent que d’être nourri par des corbeaux. Il est mis en contact, en relation avec une personne. Certainement Dieu veut faire par le moyen du prophète beaucoup plus que de le nourrir au torrent du Kerith. Il veut bénir une personne. Il faut qu’Élie soit utile à cette âme. Nous avons deux fois dans ces passages le verbe « commander ». Dieu avait commandé aux corbeaux et il commande à la femme veuve. Lorsque la femme dit qu’elle n’a que ce peu de ressources pour nourrir le prophète ; déjà la solution est annoncée et donnée à la femme veuve. Élie la connaît. Dieu a décidé de multiplier la pauvre ressource, la foi le saisit et ensemble ils font cette merveilleuse expérience. Mais ensuite les choses deviennent beaucoup plus difficiles. On peut dire que c’est un évènement qui fait dans un sens tout s’écrouler. Tout allait si bien jusqu’ici, et pour l’un et pour l’autre, pour ces trois personnes, pour Élie qui était nourri chaque jour, pour la veuve et l’enfant qui survivaient. Tout s’écroule du fait de la chose la plus terrible qui est sur la terre : la mort. Ici il s’agit de la mort de l’enfant. Nous voyons aussi qu’à deux reprises l’enfant est mis en péril. D’abord il est sur le point de mourir de faim et ensuite il meurt de maladie. Ce Dieu dont Élie était le témoin, qui était-il donc ? Pouvait-il faire une chose pareille ? Il faut que ces trois personnes apprennent à connaître le Dieu de toute grâce. C’est pour Élie une très grande épreuve de foi, parce que le problème qu’il a devant lui est plus grand que tous les autres. Ce n’est pas seulement sa survie personnelle, son malheur personnel mais le malheur de ceux qui lui ont fait du bien qui est en jeu, c’est aussi la crédibilité du Dieu de grâce, du Dieu parfait. Dieu peut-il faire une chose pareille ? Comment Élie va-t-il affronter une chose aussi terrible ? Cette fois-là, dans cette nouvelle circonstance, Dieu ne lui dit pas du tout quelle est la solution, il ne lui dit pas : tu peux prier pour cet enfant ; Moi, c’est sûr, je vais le ramener à la vie, Je vais le ressusciter. Élie n’a que la foi pour avancer, il a ce moyen de la prière, que nous avons évoqué, pour avancer dans cette situation extrême qui pour lui-même est inexplicable parce qu’il dit : « O Éternel, mon Dieu ! as-tu aussi fait venir du mal sur la veuve ? ». Mais Élie peut s’entretenir avec Dieu de ce problème. Et c’est aussi un grand encouragement pour nous. On peut toujours s’entretenir avec Dieu de nos problèmes et de ce que nous ne comprenons pas. Nous pouvons Lui en parler et c’est déjà une grande prière que de le faire. Ensuite Élie exprime une prière précise pour la résurrection de cet enfant et d’après la description qui nous est donnée, ce n’est pas une courte prière. Quand il est parlé d’une prière instante dans le passage que nous avons lu dans l’épître de Jacques, la petite note e dit : c’est une prière instante, répétée, persévérante. Il se peut que Dieu suscite cela dans nos cœurs, que nous ne fassions pas seulement une prière une fois, mais plusieurs fois. Nous savons par l’exemple de l’apôtre Paul que Dieu peut aussi nous arrêter à moment donné, peut-être spécialement dans des choses qui nous concernent nous-mêmes. Quand nous prions pour quelqu’un, Dieu nous amène à répéter plusieurs fois la prière. Ce n’est pas que Dieu n’entend pas la première prière, mais il se laisse certainement implorer avec respect. On n’arrache rien à Dieu. Il y a peut-être des attitudes, parfois des comportements de prière, dans certaines circonstances où l’on voudrait arracher quelque chose à Dieu. Ce n’est pas une instante prière. Une instante prière est toujours une prière avec ferveur, mais aussi de soumission, pleine de soumission. Donc ici, cette dernière expérience, on peut dire la plus difficile pour Élie, est celle qui est dans un sens le plus grand témoignage. Non, non, Dieu n’est pas du tout un Dieu qui veut faire venir du mal sur la veuve. Et puis ce n’est pas du tout un Dieu qui cherche l’iniquité de la veuve. Nous voyons aussi dans les épreuves que l’on peut avoir, toutes les pensées qui peuvent monter dans notre tête, des pensées sur Dieu qui ne sont pas du tout justes, ce ne sont pas de bonnes pensées. On peut chercher des explications. De toute manière il y a beaucoup de choses que nous ne comprenons pas. Alors ne cherchons pas toujours à tout éclaircir, mais faisons vraiment confiance à Dieu. Répandons notre âme devant lui. C’est ce qu’Anne a fait si bien dans le 1er livre de Samuel. Elle a répandu son âme devant Dieu, un Dieu qui donne la vie.

Réunion Novembre 2018